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Evénement

 


crédits : D. Pasamonik L'Agence BD


Nouvelles histoires pour nouveaux supports à Monaco

Donner du sens, raconter des histoires : tel est, pour beaucoup de professionnels présents à Monaco, l'horizon incontournable des nouveaux médias.

Le Forum International Cinéma et Littérature de Monaco, pour sa 7ème édition, s'ouvrait cette année aux jeux vidéo, technologie centrale dans le développement des nouveaux supports numériques. Au cours d'une table ronde animée par Didier Pasamonik étaient confrontés les points de vue d'industriels tels que Léon Perahia, du groupe Média-Participation (éditeurs Dupuis, Dargaud, Lombard et leurs filiales audiovisuelles) ou Bruno Bonnell, fondateur d'Infogrames, et de créateurs tels que le dessinateur et réalisateur Enki Bilal (à gauche sur la photo), le concepteur de jeux vidéo Michel Ancel, le dessinateur et concepteur de jeux vidéo Benoît Sokal, ou encore Yoshitaka Amano (à droite sur la photo), designer de Final Fantasy. Une belle brochettes de spécialistes !


Après des échanges sur les différences entre supports, l'importance de créer des univers adaptables sur l'ensemble de ceux-ci, ou le décalage entre l'inspiration des créateurs et le développement technologique, Benoît Sokal lançait le débat sur la question du sens. Pour lui, au-delà de la fascination pour une nouvelle technologie et de l'exploitation commerciale qu'elle entraîne, le jeu vidéo, pour continuer à exister, doit réfléchir à sa grammaire, à la façon dont il raconte des histoires pour susciter des émotions chez son utilisateur. En bref, quand la technologie cessera de nous épater, les auteurs auront un rôle crucial à jouer ! Le spécialiste de la bande dessinée Didier Pasamonik en profitait pour rappeler qu'en BD, les auteurs ont toujours été à l'origine des grandes révolutions, que ce soit à travers la création des magazines Pilote, Métal Hurlant, Fluide Glacial, ou de celle de L'Association.


Faux, répondait Bruno Bonnell, pour qui un jeu vidéo ne raconte pas une histoire, mais propose une immersion dans l'action - il distingue en effet médias narratifs, comme le livre ou le cinéma, et médias interactifs, permettant à l'utilisateur de s'exprimer. Bonnell soulignait également que le jeu vidéo, de même que le cinéma, demande un tel déploiement de moyens qu'il s'agit avant tout, pour les produire, de regrouper des talents, soutenus par un budget conséquent.


C'était alors au tour de Michel Ancel de se poser en faux par rapport à l'intervenant précédent, en soulignant que, dans la création de jeux vidéo, l'idée originale est plus importante que le budget. Il mettait ainsi en avant l'exemple de Nintendo, qui cherche plus de nouvelles idées que des développements technologiques coûteux - le meilleur exemple de cela étant les jeux d'entraînement cérébral, simples et qui rencontrent un large succès.


On le voit, ces points de vue ne sont pas inconciliables : il faut, certes, rassembler des compétences et des technologies pour créer un jeu vidéo ou tourner un film ; mais sans les créateurs, ces moyens sont vains : ce sont en effet leurs idées originales qui assurent le succès... et permettent au producteur de financer son chantier suivant. Le modus vivendi entre industriels et créateurs est une nécessité incontournable dans bien des domaines.


Arnaud Claes
(Mars 2008)
  
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